Chaque jour, des hommes, des femmes et des enfants qui ont fui leur pays arrivent en Belgique pour demander l’asile. Ils sont à la recherche de protection, dans un pays sûr. Selon la loi belge, ils ont droit à un accueil digne. Or, depuis l’été 2008, ce droit n’est plus assuré pour tous. Le réseau d’accueil des demandeurs d’asile est saturé. Plusieurs milliers d’entre eux se retrouvent dans des structures inadaptées, à la rue, ou sont hébergés à l’hôtel, livrés à eux-mêmes.
En Belgique, l’accueil des demandeurs d’asile est régi par une loi. Cette « loi accueil » prévoit que les personnes ont le droit de bénéficier, pendant toute la durée de leur procédure d’asile, de l’aide matérielle. À savoir : l’hébergement dans une structure d’accueil et un accompagnement social, juridique, administratif et médical.
En 2007, le taux d’occupation du réseau d’accueil était de 90%, ce qui a permis de prendre en charge tous les demandeurs d’asile en procédure. Mais, dès l’été 2007, le nombre de personnes accueillies a crû de manière très importante. En mai 2008, un signal d’alarme est lancé : le taux d’occupation dépasse les 94%, ce qui nécessite la mise en place d’actions urgentes pour répondre aux besoins d’accueil.
Presque deux ans plus tard, le constat est là : les nouvelles places se font attendre. Entre octobre 2009 et mars 2010, plus de 2000 personnes ne se sont pas vu désigner de place d’accueil par Fedasil, l’agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile. Et, faute de toute autre prise en charge organisée, ces personnes sont renvoyées à la rue. À cela s’ajoute le fait que 1200 demandeurs d’asile sont hébergés dans des hôtels, sans aucun accompagnement.