Lire
le témoignage de Bernard Devos, Délégué général
de la Communauté française aux droits de l'enfant
Lire le témoignage d'Antoinette Dutilleux de Caritas International
Lire
le témoignage de Stéphane Goetghebuer, Directeur
des opérations de Médecins Sans Frontières Belgique
Xhezide et Kadri ont été hébergés au camp de réfugiés, après avoir passé trois semaines dans la rue. Ils ont fui le Kosovo et sont venus demander l’asile en Belgique. Ils ne s’attendaient pas à vivre ce qu’ils ont vécu durant leurs premières semaines ici.
« Nous n’avions pas d’endroit où loger. Durant trois semaines, nous sommes restés dans la rue, près de la Gare du Nord. Nous dormions sur les bancs. Nous avions un peu d’argent de poche. Chaque jour, nous achetions du pain et de la salade, rien d’autre. À cette période-là, j’étais sans cesse malade, vu que l’on passait les journées et les nuits dehors et qu’il faisait très froid». Lorsque des ONG dressent un camp de réfugiés à Bruxelles, Xhezide et Kadri ont l’occasion de passer cinq nuits sous une tente. Ils reçoivent un petit-déjeuner, un repas le soir et peuvent bénéficier d’un accompagnement (médical, social et juridique).
« Au camp de tentes, nous avons été bien accueillis, on nous a manifesté de l’attention. Le lundi matin, on nous a dit que nous devions prendre nos affaires ; j’ai eu peur, je me demandais où nous devions aller. Un interprète albanais nous a rassurés ; il nous a dit que nous ne devions pas avoir peur, qu’on avait trouvé un endroit pour nous… ».
En effet, au lendemain de leur séjour dans le camp de réfugiés, Xhezide et Kadri ont été pris en charge dans une structure d’accueil. Dans leur petit logement, ils sont vraiment contents. Mais Xhezide a toujours peur ; elle craint que l’on vienne leur demander de quitter l’appartement et de retourner à la rue. Ces semaines de novembre passées près de la Gare du Nord ont laissé des traces… qui viennent s’ajouter aux difficultés connues au Kosovo. Humblement, le couple nous confie « pour nous, c’était encore facile, parce que nous n’avons pas d’enfants. Mais nous avons vu des familles avec des petits enfants, pour eux c’était plus dur ».