À la mi-novembre 2009, le Conseil des ministres s’accorde sur la mise à disposition de bâtiments pour l’accueil des demandeurs d’asile. L’un de ces bâtiments, l’ancienne caserne de Dinant, abrite depuis lors un centre d’accueil d’urgence de la Croix-Rouge. Evelyne Dogniez en est la directrice ; elle revient pour nous sur l’ouverture du centre.

« Lorsque l’on nous a demandé si nous pouvions mettre en place un centre d’accueil à la caserne de Dinant, il nous a semblé évident que nous devions nous mobiliser ». Tout s’organise alors rapidement. Mais ouvrir un centre, même d’urgence, demande du temps : « Il a fallu des accords écrits pour la mise à disposition du bâtiment, réaliser les travaux d’aménagement, recruter du personnel, prévoir l’organisation des repas, disposer de tout le matériel nécessaire ».
L’attention médiatique autour de cette ouverture suscite des réactions citoyennes. Certaines négatives ou méfiantes. Mais d’autres, nombreuses, positives et enthousiastes.Comme celle de ce groupe de citoyens et d’associations qui s’est mobilisé : « C’est un élan tout à fait particulier, extraordinaire. Des personnes se sont proposées pour aller accueillir les demandeurs d’asile à la gare, pour nous donner des vêtements, des chaussures, des jeux ».
À la veille de Noël, le centre accueille ses premiers résidents. Ils étaient sept. Au fil des semaines, de nouvelles personnes arrivent ; elles sont 214 aujourd’hui. La vie du centre s’organise petit à petit : « Nous nous sommes d’abord souciés des besoins de base, manger et dormir… Puis, se sont organisés la réception, le service médical et social, la scolarité. Maintenant, on travaille à la valorisation du temps d’attente des résidents ». Et là aussi, la Croix-Rouge peut compter sur le soutien de volontaires, qui viennent dispenser des cours de français.