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le témoignage de Evelyne Dogniez, Directrice
centre d'accueil d'urgence de Dinant (Croix-Rouge)
Mi-décembre 2009, le Premier ministre Yves Leterme a lancé un appel à la population et aux associations pour accueillir les demandeurs d’asile sans-abri. C’était au coeur de l’hiver, les températures étaient endessous de zéro.

« Je voulais ainsi déclencher une certaine solidarité. La thématique de l’asile amène en général beaucoup d’émotions. Et les réactions ne sont d’ailleurs pas toujours positives. Mais avec cet appel, je voulais provoquer davantage de soutien à la situation difficile de ces personnes. Je voulais aussi rappeler le fait que notre pays a un jour été touché par la guerre. À cette époque, c’est nous qui étions de l’autre côté. Celui qui s’en rend compte peut peut-être être plus compréhensif par rapport aux réfugiés qui viennent aujourd’hui frapper à notre porte. De plus, notre pays a connu un hiver rude. Les images des personnes qui devaient vivre à la rue dans ces circonstances ne m’ont pas laissé indifférent ».
Le Premier ministre reconnaît qu’il est de la responsabilité du gouvernement de créer des places d’accueil. Mais il souligne également que l’ouverture de places supplémentaires n’est pas évidente. « Il ne s’agit pas seulement de mettre en place des procédures… La plupart des gens ne sont pas prêts à avoir un centre d’accueil dans leur quartier ou dans leur environnement. Tout le monde doit être actif et créatif pour trouver des solutions ».
Afin de mettre un terme à la crise de l’accueil, le gouvernement a d’abord tenté d’élargir la capacité d’accueil. « D’autres mesures ont également été prises en ce qui concerne l’entrée et la sortie de ces personnes dans le réseau d’accueil. Nous avons aussi regardé comment les politiques des différentes instances concernées pouvaient s’adapter les unes aux autres. Les organisations d’aide aux réfugiés et les partenaires de l’accueil jouent un rôle très important. Ils organisent l’accueil supplémentaire et ce sont eux qui, en ces temps difficiles, accompagnent et soutiennent les gens au quotidien ».
En conclusion, le Premier ministre s’adresse à tous les demandeurs d’asile qui ne sont actuellement pas accueillis ou qui le sont de manière insuffisante : « Le gouvernement examine toutes les demandes d’asile sur le fond et essaie, le plus rapidement possible, d’y donner une réponse. Nous faisons notre possible pour sortir de la crise, pour créer des places d’accueil et pour transférer les personnes qui sont accueillies dans des structures d’urgence vers une place d’accueil normale. Le personnel et les nombreuses organisations font de leur mieux pour venir en aide aux personnes ».