Lire
le témoignage de Evelyne Dogniez, Directrice
du centre d'accueil d'urgence de Dinant (Croix-Rouge)
La souffrance de ces demandeurs d’asile n’a pas laissé Lieve Stallaert indifférente. Elle a décidé d’accueillir une famille chez elle, à Anvers. Originaires de Guinée, Hamida et ses deux petites filles, âgées de un et trois ans, sont arrivées chez elle le 19 décembre.
Hamida a fui son pays d’origine pour éviter que ses deux petites filles subissent des mutilations génitales. « Quand j’ai quitté mon pays, je ne savais pas où j’allais aller. Je suis arrivée à Bruxelles, mais cela aurait aussi bien pu être Paris ou Amsterdam. C’était au coeur de l’hiver, durant le week-end. Je ne savais pas où dormir ». Heureusement, une femme africaine lui propose de passer deux nuits chez elle. Le lundi, Hamida se rend à l’Office des étrangers pour demander l’asile. « Là, j’ai reçu un ticket de train pour me rendre à Anvers et le numéro de téléphone d’une personne qui allait m’aider ». Cette personne, c’était Lieve Stallaert.
Dès qu’elle a été informée de la situation de crise de l’accueil des demandeurs d’asile, Lieve en a discuté avec son mari et ses enfants. « D’un côté, nous voulions accueillir des demandeurs d’asile mais, d’un autre côté, je trouvais que le gouvernement devait faire son boulot et accueillir lui-même décemment ces personnes ». Le fait que sa propre mère ait, elle aussi, connu l’exil l’a poussée à franchir le pas.
Lieve se souvient bien du moment où elle est allée chercher Hamida et ses filles à la gare d’Anvers Central. « La voir avec ses vêtements légers dans les conditions climatiques d’alors m’a fortement touchée. Nous sommes vite rentrés à la maison pour manger et dormir. Elles étaient si fatiguées qu’elles se sont presque endormies pendant le repas ». Hamida est heureuse de l’accueil qu’elle a reçu de la part de Lieve. « Tout le monde n’a pas eu la chance d’être accueilli dans un foyer si chaleureux. C’est angoissant de devoir quitter ton pays et de ne pas savoir où cela va te mener. Je réalise seulement maintenant qu’une fois que tu as passé les frontières de ton pays, un espoir peut voir le jour. Et là, tu es contente de pouvoir arriver chez une personne comme Lieve ».