Lire le témoignage de Véronique Regout de Convivial
Lire le témoignage de Akida
Lorsqu’ils se retrouvent à la rue, les demandeurs d’asile se tournent souvent vers les maisons d’accueil pour sans-abri. Mais, face au nombre croissant de demandeurs d’asile qui viennent frapper à la porte du centre Pierre d’Angle, se pose le problème de l’accueil du public cible pour lequel il est subsidié : la personne sans-abri. Comme nous l’explique Gilberte Eeckhout, directrice de Pierre d’Angle.

Pour le centre pour sans-abri Pierre d’Angle, l’accueil a toujours été anonyme et inconditionnel. Pourtant, avec la crise de l’accueil des demandeurs d’asile, l’association a été obligée de revoir son mode de fonctionnement. Jusqu’au début de l’année 2009, Pierre d’Angle héberge les hommes, les femmes ou les familles qui cherchent un toit pour la nuit.
Avec une priorité pour les personnes qui s’y présentent pour la première fois. Mais quand, au plus fort de la crise de l’accueil des demandeurs d’asile, plus d’une centaine de personnes se présentent le soir à la porte du centre, qui compte 48 lits, les équipes se retrouvent devant d’énormes difficultés. Et devant des choix à faire. « Il est inimaginable pour nous de séparer les familles. Or, certains soirs, plus de la moitié de nos places étaient occupées par deux ou trois familles demandeuses d’asile. Nous avons dès lors décidé de ne plus accueillir les familles ». Cette mesure apparaît vite insuffisante. Alors, c’est la priorité aux personnes se présentant pour la première fois qui est levée. « Il y a énormément de sans-abri. Pour nous, le choix était le suivant : accueillir un demandeur d’asile primoarrivant signifiait laisser un sans-abri dans la rue. Un choix que nous ne voulions endosser. Nous avons donc décidé que toutes les personnes se présentant à la porte du centre participeraient au tirage au sort pour obtenir une place ». Comme il peut, le centre Pierre d’Angle tente de faire face à cette situation d’afflux de demandeurs d’asile à la rue. En attendant que le gouvernement fédéral prenne ses responsabilités.