Lire
le témoignage de Gilberte Eeckhout, Directrice
de la maison d'accueil pour sans-abri Pierre d'Angle
En cas de saturation du réseau d’accueil, Fedasil peut légalement renvoyer les demandeurs d’asile vers les Centres publics d’action sociale (CPAS) des communes dans lesquelles ils sont domiciliés. Et ce, afin de bénéficier d’une aide sociale. Mais dans la réalité, cela ne se passe pas si facilement.
Les demandeurs d’asile qui ne reçoivent pas de place d’accueil à leur arrivée en Belgique sont bien souvent confrontés à un véritable jeu de ping-pong. Le dispatching de Fedasil les renvoient vers les CPAS, mais, de leur côté, certains CPAS estiment que ce n’est pas à eux – mais bien aux autorités fédérales – d’assumer la prise en charge de ces personnes. D’autres CPAS tentent de les aider, dans les limites de leurs possibilités.
Pour Francis Sprenghetti, responsable du Service d’Accueil des Demandeurs d’Asile du CPAS de Liège, depuis le début de la crise de l’accueil, le CPAS éprouve d’importantes difficultés à réaliser ses missions par rapport à ce public particulier. Il doit rapidement faire sortir des centres d’accueil les personnes qui n’ont plus droit à l’aide matérielle, et aider les personnes qui ne se sont pas vu désigner de places d’accueil. Le tout, sans moyens -humains ou financiers- supplémentaires. « Nous accueillons ces personnes qui connaissent à peine notre pays et son mode de fonctionnement. Ce qui nécessite de prendre en considération leur histoire de migration, et les douleurs qu’ils ont rencontrées. C’est un suivi particulier que l’on se vante de pouvoir faire en temps normal mais que l’on ne peut plus faire de la même façon lorsque nous devons parer au plus pressé ». Un nombre important de demandeurs d’asile se présentent en effet au CPAS de Liège, qui s’adapte comme il peut pour faire face à ces situations particulières engendrées par la crise de l’accueil.