Lire
le témoignage de Gilberte Eeckhout, Directrice
de la maison d'accueil pour sans-abri Pierre d'Angle
Akida est arrivé de Tanzanie au mois de novembre 2009. Il ne s’est pas vu désigner de place d’accueil. Depuis plus de quatre mois, il partage ses nuits entre les gares et les maisons pour sans-abri.
A son arrivée en Belgique, Akida a introduit sa demande d’asile. Trois jours plus tard, on lui signifie que, vu la saturation du réseau, il ne bénéficiera pas d’une place d’accueil. Dès ce moment-là, il est renvoyé d’un endroit à l’autre : « Je me suis rendu au CPAS de Bruxelles, qui m’a renvoyé au dispatching de Fedasil. J’y suis retourné et je me suis entendu dire que mon dossier était clôturé, que je ne pouvais plus me représenter et que je devais aller au CPAS. À mon retour au CPAS, ils m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas me prendre en charge ».
Ne connaissant personne et ne sachant pas où aller, Akida n’a d’autre solution que de dormir à la gare du Midi, où il retrouve d’autres personnes dans la même situation. Il se débrouille, pour trouver des vêtements ou de quoi manger. L’une des associations d’aide qu’il rencontre lui donne les coordonnées du Samu Social. Il peut y loger depuis un mois. Parfois, un cafetier du quartier lui offre une boisson chaude et un moment de repos. Le reste de la journée, il doit le passer dehors.
Face à ces difficultés extrêmes, Akida doit résister, « parce que je suis un homme », dit-il. « Mais, parfois, je craque. Je suis un père et je pense à ma famille, à mes enfants. Je voudrais avoir les moyens de les contacter, ils me manquent. Il n’est pas possible pour moi de rentrer dans mon pays. Je l’ai quitté dans l’objectif de trouver protection et sécurité. Ici, je vis dans la rue. Et l’hiver est rude ». Akida attend une décision de justice pour la fin du mois de mars. Une décision qui, peut-être, lui permettra de bénéficier de l’accueil digne auquel il a droit.