La crise de l’accueil n’a pas seulement des conséquences sur les personnes qui viennent d’arriver dans notre pays pour demander l’asile. Les demandeurs d’asile qui sont accueillis dans le réseau d’accueil classique en font également les frais. Cette crise met aussi la pression sur les accompagnateurs et les collaborateurs du réseau d’accueil.
« La multiplication d’instructions pour encourager les sorties du réseau
d’accueil met une pression énorme sur les demandeurs d’asile et leurs accompagnateurs.
Certaines catégories de demandeurs
d’asile doivent quitter rapidement le
réseau d’accueil, comme c’est le cas lorsqu’ils
sont reconnus réfugiés. Ils doivent alors très
vite chercher un logement. Avec la situation
actuelle du marché immobilier, ce n’est vraiment
pas facile ». Anne Adam est collaboratrice
de l’accueil à Vluchtelingenwerk Vlaanderen.
Vluchtelingwerk est en charge, avec le
CIRÉ, de la coordination de différentes organisations qui proposent un accueil à petite échelle. C’est dans ce type de
structure (studios, appartements ou maisons) que les demandeurs d’asile
sont transférés après avoir été hébergés dans des structures communautaires.
Ces structures à petite échelle privilégient l’autonomie et la vie de famille.
« Après avoir quitté le réseau d’accueil, ces demandeurs d’asile deviennent
dépendants des CPAS qui sont censés leur fournir une aide financière. Mais
ceux-ci ne peuvent pas toujours la leur garantir directement. Les demandeurs
d’asile se retrouvent alors livrés à eux-mêmes, à la rue ».
Quand certains quittent la structure d’accueil, d’autres demandeurs d’asile arrivent. « Trois jours après avoir été désignés par Fedasil, les demandeurs d’asile sont sensés avoir intégré notre structure d’accueil. Ce qui n’est pas sans poser problème à nos accompagnateurs sociaux qui doivent garantir immédiatement un premier accueil de qualité, crucial pour la relation ultérieure avec les demandeurs d’asile ».
Pour les partenaires de l’accueil et les accompagnateurs, il est grand temps que les autorités locales, régionales et fédérales redoublent d’efforts pour sortir rapidement de ces problèmes. « Afin que les efforts fournis sur le terrain portent leurs fruits et que de nouvelles places d’accueil soient ouvertes. C’est uniquement de cette façon que les demandeurs d'asile pourront bénéficier à nouveau de l'accueil auquel ils ont droit ».