Une crise qui perdure…
Par sa durée et son ampleur, cette crise de l’accueil est exceptionnelle. Au
regard des projections actuelles, cette situation persistera toute l’année
2010. Les problèmes de suroccupation du réseau ne devraient pas se
résoudre de si tôt.
Des signaux d’alarme ont été envoyés, à plusieurs reprises, par les associations,
les collaborateurs du dispatching de Fedasil et les parlementaires.
Mais la réaction du gouvernement a été largement insuffisante et un véritable
plan d’action envisageant des mesures structurelles pour sortir de la crise
se fait toujours attendre. La création de places d’accueil supplémentaires et
la possibilité de faire appel à l’aide financière pour certaines catégories de
bénéficiaires ont été les deux pistes avancées pour sortir de la crise. Mais, à
ce jour, la crise perdure. Cette situation est d’autant plus interpellante qu’elle
aurait pu, en grande partie, être évitée.
…mais des mesures pour en sortir
La mission d’accueil des demandeurs d’asile ne peut actuellement se réaliser
dans le respect de la loi. Afin de garantir un accueil digne aux personnes
qui viennent demander la protection à la Belgique, le CIRÉ et Vluchtelingenwerk
Vlaanderen estiment que différentes mesures doivent être prises, dès
aujourd’hui:
- Avant tout, il faut mettre en place un réel plan d’action permettant
l’ouverture rapide de places d’accueil structurelles supplémentaires
pour sortir de la gestion d’urgence de la crise.
- L’accueil dans les hôtels doit prendre fin très rapidement, car les demandeurs
d’asile n’y bénéficient d’aucun accompagnement et leurs
droits fondamentaux ne sont pas respectés. De plus, au-delà des 10
jours d’accueil d’urgence prévus par la loi, les demandeurs d’asile logés
à l’hôtel doivent être effectivement transférés vers des structures
d’accueil.
- Des accords ont été conclus avec le gouvernement pour ouvrir des
places d’accueil dans des bâtiments inoccupés. Dans certains cas,
il subsiste des blocages locaux. Il faut appeler à la solidarité des citoyens
et des autorités locales pour permettre l’ouverture effective de
ces places.
- Un accueil adapté doit être octroyé aux personnes vulnérables comme
les personnes malades et les enfants mineurs non accompagnés.
- Il faut réintroduire le plan de répartition des demandeurs d’asile permettant
une prise en charge financière, par les CPAS, des personnes
ne pouvant être accueillies en aide matérielle.
Ces solutions à court terme doivent s’accompagner de mesures à plus long
terme:
- Il faut limiter l’accueil en aide matérielle dans le temps (un an maximum)
et le délier de la procédure d’asile elle-même. Si la procédure dure plus
longtemps qu’un an, les demandeurs d’asile bénéficient alors de l’aide
financière via les CPAS.
- Il est important de mettre en place un système d’accueil souple et
modulable en fonction des besoins.
- Il faut également renforcer les moyens mis à la disposition du réseau
d’accueil pour lui permettre d’assurer effectivement ses missions. Notamment
assurer un accueil pour tous, digne et adapté.
- Les moyens mis à la disposition des communes et CPAS doivent également
être plus importants. Afin de faciliter les sorties des structures
d’accueil et d’accompagner les personnes de manière adéquate.
Et ce, pour empêcher qu’une crise similaire ne se reproduise à l’avenir.